Coronavirus et gestion de crise dans les PME

Avec le développement du Coronavirus en Chine, c’est toute l’activité d’un pays qui se fige et, par « contagion » (l’analogie est ici facile), l’économie mondiale est impactée à des degrés divers. Cette situation interroge sur les capacités de continuité d’activité et de gestion de crise des entreprises françaises et plus particulièrement des PME et ETI.

 Une stratégie continuité d’activité, pour une entreprise, vise à identifier les risques d’événements pouvant perturber de façon importante ses activités et son fonctionnement, d’en évaluer les conséquences et de préparer des mesures et des adaptations pour en limiter les effets et pouvoir reprendre rapidement une fonctionnement normal. Cette stratégie est concrétisée par un Plan de Continuité d’Activité (PCA).

 Dans la situation chinoise du moment, les approvisionnements en produits finis ou en pièces détachées peuvent être fortement perturbés, voire suspendus. Si ce type de rupture n’a pas été anticipé, l’impact « supply chain » est majeur.

 L’impact est encore plus important pour les entreprises qui ont développé (délocalisé) des unités de production directement en Chine. Les coûts de réorientation des flux d’approvisionnement sont encore plus élevés. Pour les entreprises qui entretiennent des équipes d’expatriés sur place, il convient également de rappeler que l’employeur est responsable, y compris pénalement, de leur sécurité et de celle de leurs familles.

Certes, il est difficile de faire du business sans passer par la Chine, mais il convient d’analyser cette pratique sous l’angle de la continuité d’activité et de l’intégrer dans le PCA. Depuis le SRAS en 2003, les risques sanitaires en Chine sont connus, tous les spécialistes prédisaient qu’une épidémie comme celle du Coronavirus surviendrait et d’autres maladies couvent probablement encore sans parler des épizooties. De même, les risques pour la stabilité politico-sociale de ce pays-continent sont importants et, d’ailleurs, le pouvoir en place pourraient être fortement bousculé dans les semaines à venir. Les entreprises qui avaient pris en compte ces risques dans leur PCA avaient pris de mesures pour limiter leur dépendance chinoise (gonflement des stocks, diversification des approvisionnement, relocalisation, assurance…).

 Et si, au-delà du cas Chinois, une pandémie de ce type (ou même celle-ci) frappait la France ? Que faire si 25% des collaborateurs ne pouvaient pas rejoindre l’entreprise ? Que faire si des restrictions de circulation étaient imposées pour des raisons sanitaires ?

 Les crises sanitaires, mais également écologiques (canicules extrêmes, intempéries…) ou sociales doivent être envisagées dans un PCA, même pour un PME. Peut-être même surtout par les PME, car elles sont plus fragiles et plus sensibles « aux vents violents » extérieures. 

Toute crise sera d’autant mieux surmontable qu’elle aura été anticipée et préparée alors qu’une absence d’anticipation peut être fatale. Un Plan de Continuité d’Activité, même simple et rudimentaire, peut aussi devenir un argument commercial, en effet, une entreprise préparée à la gestion d’évènements exceptionnels rassure ses partenaires, qu’ils soient clients, banquiers ou assureurs.

Module sûreté et Intelligence économique à l’ENSIBS de Vannes

Pour la deuxième année consécutive, je suis très heureux d’avoir animé le module de cours « Entreprise et Intelligence » à l’ENSIBS de Vannes.

L’objectif de cette intervention est de sensibiliser les futurs ingénieurs à la réalité de la guerre économique (espionnage industriel, ingénierie sociale, stratégies d’influence…) pour qu’ils en soient des acteurs avertis et non des victimes. Les élèves ingénieurs ont ainsi acquis les compétences suivantes :

• Savoir apprécier la valeur de son patrimoine informationnel

• Acquérir les connaissances pratiques permettant d’évaluer et de maîtriser les risques pour la sécurité de ces informations

• Maîtriser les principes de la mise en place d’outils et de procédures de sécurisation des informations par le développement d’une culture de la sécurité économique

• Prendre conscience de la variété des acteurs du renseignement (avec un focus sur les unités de rens cyber).

La sûreté et l’Intelligence économique ne sont pas sujets réservés à des spécialistes, aux vues de l’intérêt qu’ils ont manifesté pour ces thématiques pendant le semestre, je suis certain que les ingénieurs cyber de l’ENSIBS, déjà parmi les meilleurs dans leur domaine, en maitrisent les fondamentaux.