Les dernières « révélations » de wikileaks, au-delà de l’émotion et des réactions de Panurge qu’elles cherchent à susciter, doivent interpeller les responsables économiques sur trois points.

Un manque de contrôle des sous-traitants :

Comme la NSA en 2013 avec Edward Snowden puis, plus récemment, en 2016 avec Harold Martin, Il apparaît, désormais de façon certaine, que les dernières fuites d’informations classifiées américaines n’ont pas eu lieu au sein même des services de renseignement, la CIA en l’occurrence, mais chez un sous-traitant.

Les services américains externalisent, en effet, de façon massive, des missions qu’en France nous qualifierions de service public ou relevant de la Défense nationale. Ceci s’explique par des considérations culturelles mais également par des impératifs financiers ainsi que par des contraintes RH.

Appliquée au monde de l’entreprise, cette situation pose clairement la question du contrôle des informations et des équipements (physiques ou logiciels) qui sont confiés par les donneurs d’ordres à leurs sous-traitants. L’externalisation est, en effet, un mode de production souvent utilisé pour différents motifs. Si les entreprises pensent bien maîtriser la sécurité de leurs informations, elles n’ont qu’un contrôle partiel des procédures internes à leurs sous-traitants et encore moins de la qualité des personnels qui y ont accès.

Inversement, un sous-traitant, qui peut garantir une parfaite maîtrise des informations qui lui sont confiées, disposera d’un argument commercial d’importance.

Un intérêt toujours aussi marqué de nos partenaires géopolitiques pour nos secrets économiques et industriels.

Pour les États-Unis, la puissance économiques est pleinement constitutive, au même titre que l’influence culturelle, de la puissance géopolitique. Cette affaire mettra en évidence, encore une fois, que les outils de renseignement des États-Unis sont largement utilisés à des fins d’espionnage économique, y compris contre des alliés géopolitiques. Il est naïf, mais qui l’est réellement, de croire que « ces choses-là » ne se font pas entre amis.

Les États-Unis sont forts grâce à leur économie et leur avance technologique, il est logique que les instruments de la puissance de l’État central renforcent, ou pour le moins protègent, cet avantage concurrentiel.

Ce qui est vrai pour un allié démocratique, l’est encore plus pour un partenaire à régime autoritaire….

Pour un responsable économique, ne pas prendre en compte cette évidence des relations économiques internationales, c’est négliger un facteur majeur dans son analyse du risque.

Une interconnexion permanente entre les intérêts privées et publics.

Il est une erreur de croire que la libre-entreprise et l’économie libérale ne peuvent pas s’accompagner d’une coopération forte entre le monde de l’entreprise et le gouvernement, y compris pour des sociétés avec une image forte d’indépendance comme les GAFAM.

La plupart des grandes technologies américaines ont été développées avec ou pour le complexe militaro-industriel, à commencer par le web ! Derrière les dénégations et les cris d‘orfraie des industries 2.0 se cachent des  « intérêts communs à tendance symbiotique ».

L’influence des uns renforce la puissance des autres, et inversement….

Il est nécessaire, voire souhaitable, de travailler avec des partenaires, des clients ou des fournisseurs américains, chinois ou russes. Il faut juste bien les connaître…….. 

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